Depuis la commercialisation de sa première édition en 1996, le logiciel québécois Antidote est devenu l’un des outils de correction et d’aide à la rédaction les plus vendus dans la province.
Antidote 9 présente maintenant des dictionnaires français et anglais de définitions, de synonymes, d’antonymes et de cooccurrences, et on y trouve également des listes d’anagrammes, de citations et d’analogies, ainsi que des tableaux de conjugaison.
Côté rédaction, il s’avère donc très utile aux étudiants, aux familles et aux employés de bureau, mais ses compétences en matière de correction peuvent-elles se mesurer à celles d’un langagier chevronné?
Une potion magique pour le profane!
D’entrée de jeu, mon utilisation personnelle quotidienne du logiciel m’a permis de déterminer que les plus grandes forces d’Antidote résident dans sa capacité à identifier des erreurs relevant du registre de langue, de la grammaire, du vocabulaire et de la ponctuation.
En somme, le logiciel Antidote s’avère en mesure d’appliquer dans sa correction des règles d’accords particuliers et des principes généraux de typographie, ainsi que de relever plusieurs impropriétés courantes qui peuvent confondre facilement le rédacteur lambda.
En ce sens, il fait preuve d’une très grande polyvalence et évite à son utilisateur d’avoir à recourir à des ouvrages nombreux devant plusieurs problèmes subtils de langue.
Par exemple, Antidote permet de mettre en doute le sens contextuel de certains mots, comme le mot fonds en regard de ses homophones fonts et fond. Il est légèrement irritant pour un langagier de s’apercevoir que ces interrogations du logiciel sont souvent superflues, mais il n’en demeure pas moins qu’il s’agit là d’une fonctionnalité fort utile pour le non-initié.
De deux mots, Antidote choisit le moindre…
Si Antidote possède de nombreuses qualités lorsqu’on l’emploie au quotidien hors d’un cadre professionnel, il comporte aussi certaines faiblesses, dont la plus flagrante est une incapacité à effectuer une correction contextuelle, ce que le réviseur, lui, est en mesure de faire.
Bien que le logiciel puisse se questionner sur le sens d’un mot utilisé, il s’avère incapable, par exemple, de déterminer que l’a est mal employé dans « Il l’a prit, l’a décacheta et l’a lut ». Il ne peut prendre en considération le fait que tout le paragraphe était au passé simple, et non au passé composé, et que la était ici pronom, car il renvoyait à l’antécédent enveloppe dans la phrase précédente.
Cet exemple m’a permis de conclure qu’Antidote analyse les phrases une à une, et non les unes par rapport aux autres dans l’ensemble du texte.
En conclusion, sur les 38 erreurs que j’ai recensées dans un texte, Antidote en a relevé 14, soit 24 de moins que moi. Il ne fait aucun doute que la capacité du réviseur à effectuer sa correction en tenant compte du contexte justifie qu’on fasse toujours appel aux services d’un professionnel, au lieu de se fier aveuglément à un logiciel qui, bien qu’extrêmement utile et complet, possède ses propres limites. Pour le meilleur ou pour le pire, la supériorité du cerveau de l’homme est sans remède…
Source image : http://www.antidote.info/
Laisser un commentaire